L'Ange au Sourire est devenue durant la Première Guerre mondiale le symbole de la cathédrale martyre puis de l'ensemble de la ville de Reims.

Statue anonyme du portail septentrional de la façade principale, elle est décapitée par une poutre de l'échafaudage en flammes, lors de l'incendie du 19 septembre 1914. Pour les journaux, cette statue devient le "Sourire de Reims" ou "L'Ange au Sourire", symbole du génie français et patrimoine détruit par les bombes allemandes. Les rumeurs les plus folles vont d'ailleurs courir à son propos. Ainsi le 6 novembre 1915, le New-York Times rapporte que cette œuvre a été achetée par un richissime américain le colonel Alfred du Pont de Wilmington. En réalité, la statue n'a jamais quitté les caves de l'archevêché de Reims où la majorité des fragments provenant de la cathédrale sont entreposés.

Sa moulure sera utilisée durant toute la guerre par le Service de l'Information à l'Etranger dépendant du Ministère des Affaires Etrangères, lors d'exposition sur le thème des monuments et œuvres d'art détruits : New-York en 1916, puis les principales villes des Etats-Unis et du Canada, Buenos-Aires en Argentine et enfin Santiago au Chili.

L'Ange au Sourire est avant tout une figure médiatique. D'ailleurs cette statue est-elle réellement différente des 2303 figures sculptées qui ornaient la cathédrale de Reims.

Yann HARLAUT, Naissance d'un mythe : l'Ange au Sourire de Reims, ISBN : 9782878254358.

Un regard neuf sur l'histoire du mythe du si célèbre "Ange au Sourire" de Reims.

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